On est tous des imbéciles ~~Myléne Farmer~~

On est tous des imbéciles ~~Myléne Farmer~~
C'est sûrement pas être artiste
Que d' frapper sur un piano
C'est sûrement pas être poète
Que d' chagriner la p'tite fille
Assise au bord du Styx

J' suis vraiment si peu comique
Que les larmes me viennent à l'½il
Et toi connard ça t' fait rire
Ça t' fait rire et moi pleurer
C'est qu'on doit rien piger

On est tous des imbéciles
On est bien très bien débile
C' qui nous sauve c'est le style
Equivoques et aussi paradoxes
Et ça suffit

On a du s' gourrer de planète
T'sais j' sais même plus où qu'on est
Les producteurs trouvent ça bien
Toi et moi on l' sait quand même
On n'est pas loin d' l' enfer

On est tous des imbéciles
On est bien très bien débile
C' qui nous sauve c'est le style
Equivoques et aussi paradoxes
Et ça suffit


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# Posté le dimanche 24 février 2008 05:49

LA fontaine de sang ~~C. Baudelaire~~

LA fontaine de sang ~~C. Baudelaire~~
Il me semble parfois que mon sang coule à flots,
Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots.
Je l'entends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.
A travers la cité, comme dans un champ clos,
Il s'en va, transformant les pavés en îlots,
Désaltérant la soif de chaque créature,
Et partout colorant en rouge la nature.

J'ai demandé souvent à des vins captieux
D'endormir pour un jour la terreur qui me mine;
Le vin rend l'oeil plus clair et l'oreille plus fine!

J'ai cherché dans l'amour un sommeil oublieux;
Mais l'amour n'est pour moi qu'un matelas d'aiguilles
Fait pour donner à boire à ces cruelles filles!
# Posté le dimanche 24 février 2008 05:46

Danse macabre ~~C.Baudelair~~

Fière, autant qu'un vivant, de sa noble stature,
Avec son gros bouquet, son mouchoir et ses gants,
Elle a la nonchalance et la désinvolture
D'une coquette maigre aux airs extravagants.

Vit-on jamais au bal une taille plus mince ?
Sa robe exagérée, en sa royale ampleur,
S'écroule abondamment sur un pied sec que pince
Un soulier pomponné, joli comme une fleur.

La ruche qui se joue au bord des clavicules,
Comme un ruisseau lascif qui se frotte au rocher,
Défend pudiquement des lazzi ridicules
Les funèbres appas qu'elle tient à cacher.

Ses yeux profonds sont faits de vide et de ténèbres,
Et son crâne, de fleurs artistement coiffé,
Oscille mollement sur ses frêles vertèbres.
O charme d'un néant follement attifé.

Aucuns t'appelleront une caricature,
Qui ne comprennent pas, amants ivres de chair,
L'élégance sans nom de l'humaine armature.
Tu réponds, grand squelette, à mon goût le plus cher !

Viens tu troubler avec ta puissante grimace,
La fête de la Vie ? ou quelque vieux désir,
Eperonnant encore ta vivante carcasse,
Te pousse-t-il, crédule, au sabbat du Plaisir ?

Aux chants des violons, aux flammes des bougies,
Espères-tu chasser ton cauchemar moqueur,
Et viens-tu demander au torrent des orgies
De rafraîchir l'enfer allumé dans ton coeur ?

Inépuisable puits de sottise et de fautes !
De l'antique douleur éternel alambic !
A travers le treillis recourbé de tes côtes
Je vois, errant encor, l'insatiable aspic.

Pour dire vrai, je crains que ta coquetterie
Ne trouve pas un prix digne de ses efforts ;
Qui, de ces coeurs mortels, entend la raillerie ?
Les charmes de l'horreur n'enivrent que les forts !

Le gouffre de tes yeux, plein d'horribles pensées,
Exhale le vertige, et les danseurs prudents
Ne contempleront pas sans d'amères nausées
Le sourire éternel de tes trente-deux dents.

Pourtant, qui n'a serré dans ses bras un squelette,
Et qui ne s'est nourri des choses du tombeau ?
Qu'importe le parfum, l'habit ou la toilette ?
Qui fait le dégoûté montre qu'il se croît beau.

Bayadère sans nez, irrésistible gouge,
Dis donc à ces danseurs qui font les offusqués :
« Fiers mignons malgré l'art des poudres et du rouge,
Vous sentez tous la mort ! O squelettes musqués,

Antinoüs flétris, dandys à face glabre,
Cadavres vernissés, lovelaces chenus,
Le branle universel de la danse macabre
Vous entraîne en des lieux qui ne sont pas connus !

Des quais froids de la Seine aux bords brûlants du Gange,
Le troupeau mortel saute et se pâme, sans voir
Dans un trou du plafond la trompette de l'Ange,
Sinistrement béante ainsi qu'un tromblon noir.

En tout climat, sous tout soleil, la Mort t'admire
En tes contorsions, risible Humanité,
Et souvent, comme toi, se parfumant de myrrhe,
Mêle son ironie à ton insanité ! »

Danse macabre ~~C.Baudelair~~
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# Posté le dimanche 24 février 2008 05:44

~~Mort et vie~~

~~Mort et vie~~
lle aimait la vie il aimait la mort
Il aimait la mort, et ses sombres promesses,
Ave
nir incertain d'un garcon en detresse,
Il voulai
t mourir, laisser partir sa peine,
O
ublier tous ces jours a la meme rengaine...

Elle aimait la vie, heureuse d'exister,
Voulait
aider les gens et puis grandir en paix,
C'etai
t un don du ciel, toujours souriante,
F
leurs et nature, qu'il pleuve ou qu'il vente.

M
ais un beau jour, la chute commenca,
Ils tomb
erent amoureux, mauvais choix,
El
le aimait la vie et il aimait la mort,
Qui
d'entre les deux allait etre plus fort ?

Il
s s'aimaient tellement, ils auraient tout sacrifie,
Ami
s et famille, capables de tout renier,
Tout
donner pour s'aimer, tel etait leur or,
Mais
elle aimait la vie et il aimait la mort...

Si di
fferents et pourtant plus proches que tout,
Se c
omprenant pour proteger un amour fou,
L'un n
e revait que de mourir et de s'envoler,
L'au
tre d'une vie avec lui, loin des atrocites...

Fin de l
'histoire : obliges de se separer,
I
ls s'etaient promis leur eternelle fidelite.
Auj
ourd'hui, le garcon torture vit pour elle,
Puis
que la fille, pour lui, a rendu ses ailes...

Il
aimait la mort, elle aimait la vie,
Il
vivait pour elle, elle est morte pour lui...
# Posté le samedi 12 janvier 2008 16:15
Modifié le dimanche 13 janvier 2008 15:22

Quelque poéme

Quelque poéme
De ce ciel bizarre et livide,
T
ourmenté comme ton destin,
Qu
els pensers dans ton âme vide
Descendent? Réponds, libertin.

-Insatiablement avide
De l'obscur et de l'incertain,
Je ne geindrai pas comme Ovide
Chassé du paradis latin.

C
ieux chis comme des gves,
E
n vous se mire mon orgueil,
Vo
s vastes nuages en deuil

Sont les corbillards de mesves,
E
t vos lueurs sont le reflet
D
e l'Enfer où mon c½ur se plaît.

# Posté le vendredi 04 janvier 2008 14:20